En fonction de l’âge de l’enfant, sa compréhension d’un décès sera spécifique et plus ou moins morcelée. Mais il ne faut surtout pas croire qu’un bébé est totalement épargné par la mort d’un proche. S’il perd sa maman, le nouveau-né éprouvera le manque, l’absence, sentira que la personne qui s’occupe désormais de lui n’a pas les mêmes gestes, pas la même odeur ni la même voix que sa mère : tout sa sécurité intérieure était fondée sur cette présence, il est donc impossible qu’il ne soit pas profondément affecté par sa disparition, même s’il n’en est pas conscient, même s’il ne sait pas encore dire maman. Et si le mort est le papa, la grand-mère, le frère ou la sœur ? On pourrait en déduire, vu qu’ils sont moins présents physiquement pour le bébé, qu’il est moins affecté par ces disparitions…Pas forcément. Si la maman est elle-même anéantie par cette perte, elle aura beaucoup de mal à s’occuper sereinement de son tout petit, à s’impliquer auprès de lui, à lui assurer toute la sécurité dont il a besoin, elle-même vacillant et se sentant en complète insécurité. Le chagrin de la maman pourra faire écran dans leur relation, colorer leurs rapports d’une teinte de douleur et de déprime, parfois même d’agressivité vis-à-vis de ce petit être qui , lui, est bien vivant alors que l’autre n’est plus. Résultat, le bébé lui aussi pâtira de ce décès et en restera probablement très marqué. Il faut donc mettre des mots sur ces émotions et lui expliquer ce qui se passe dans son environnement. |





