Dans notre société moderne, les notions de séparation et de perte ne sont pas reines, loin de là…Pour s’en convaincre, il suffit de constater l’angoisse existant dans de nombreuses familles à l’idée de confier un tout petit, ne serait-ce que quelques heures à une baby-sitter, pour une soirée entre adultes. Ou bien l’hystérie qui règne souvent dans les foyers autour du fameux doudou dont la vocation essentielle est de rassurer le bébé, de l’apaiser quand ses parents sont absents. On renonce à l’intimité de son couple, on achète 4 ou 5 doudous d’avance, on lance de poignants SOS sur Internet quand on a égaré l’infortuné carré de tissu, on est prêt à parcourir des kilomètres pour le retrouver. Tout ça pour que nos tout-petits n’aient pas de chagrin ! Je me souviens de la réaction d’une maman face à l’envol malencontreux d’un ballon… Elle était beaucoup plus paniquée que son bambin à qui, d'ailleurs, elle a transmis rapidement sa détresse! C’est aussi l’exemple de la mort du poisson rouge repris dans la publicité, celui que l'on remplace subrepticement dans son bocal pour éviter d'avoir à "expliquer" Et si, justement, nos enfants avaient besoin de passer par ce genre de désarroi, suivi de réconfort dans les bras tendres et aimants de leurs parents afin d’apprendre à vivre une perte ? C’est parce qu’ils auront vécu un jour le douloureux épisode de perdre une peluche bien aimée qu’ils sauront qu’on peut se remettre d’une séparation, même définitive. A force de vouloir gommer toutes les difficultés sur le chemin de la vie des enfants, de les protéger à tout prix, on leur rend tout plus difficile. On ne leur enseigne pas à surmonter les épreuves normales de la vie, dont la mort fait partie, même quand elle arrive trop tôt. |





