Dans ce domaine, nous vivons encore sur des croyances assez anciennes, héritées notamment de Piaget. Selon lui, avant l’âge de raison, soit vers 7-8 ans, un enfant serait incapable d’avoir une représentation cohérente de la mort, notamment d’appréhender la notion d’irréversibilité qu’elle suppose. Pour cela il devra comprendre le temps, la durée, la permanence… Notions qui commencent à apparaître vers 8-9 ans. Mais d’ailleurs, nous, les adultes, avons-nous tout assimilé de la mort ? Cette notion de perte pour toujours nous est-elle totalement accessible, concevable, acceptable ? J'ai reçu, la semaine dernière, une patiente qui venait me voir uniquement car sa fille s'était mise à pleurer un soir en évoquant son angoisse de la mort... Cela a tellement fait écho chez cette maman, qu'elle en était bouleversée... Surtout, ne pensons pas qu’avant l’école primaire un enfant ne peut pas prendre conscience que son papa, sa maman, son frère est décédé. Même s’il court autour du cercueil le jour de l’enterrement en poussant des cris d’indiens, n’en déduisons pas qu’il est trop petit,qu’il ne comprend rien, . Même tout jeune, il a déjà saisi certaines choses concernant la mort. Il possède des petits morceaux de cette vérité. Petit à petit, au fil des années et des expériences, le puzzle se complètera, prendra forme. Les morts à la télé, le poisson rouge ventre en l'air, la disparition d’une vieille dame qu’on ne voit plus au marché le samedi matin, un enterrement à l’église du village, la visite d’un cimetière : autant de choses qui participent à la construction progressive du concept de mort dans la tête de nos enfants. Face à tous ces petits événements, il est important de ne pas laisser notre enfant seul. Mais grâce aux questions que ces situations soulèvent immanquablement et aux réponses qui s’ensuivent, il pourra se faire une idée plus ou moins précise de ce qu'est la mort... Pour cela il faut prendre en compte la curiosité de nos enfants (à des moments plus simples pour nous, car moins chargés émotionnellement). De toute façon, même si son bagage théorique à propos de la mort est très mince, un enfant a droit à tout âge de ne pas être exclu d’un décès qui le concerne, d’être considéré comme un protagoniste à part entière. |





